15/07/2014

Activer son téléphone intérieur

« La vie est difficile ! » Ainsi commence le best-seller de Scott Peck : Le chemin le moins fréquenté. Il est vrai qu'en ces temps incertains, la vie nous apparaît souvent sous son jour moins favorable. Pourtant, il n'en tient qu'à nous d'alléger le poids des jours en fréquentant la légèreté, la joie et la lumière. Un des moyens les plus efficaces et les plus accessibles pour le faire consiste à méditer. Cela ne coûte rien et peut se pratiquer à peu près partout.

J’aime utiliser la métaphore suivante pour parler de la méditation. Je l’appelle « le téléphone intérieur ». En effet, lorsque nous voulons rejoindre quelqu’un par la voie des airs, nous utilisons notre téléphone portable et pouvons nous mettre en contact presque magiquement avec une personne marchant sur la rue à Bruxelles ou n’importe où dans le monde. Cela est possible parce que notre appareil possède une antenne émettrice et une antenne réceptrice d’ondes qui traduisent et font voyager le signal vocal. Or, il est intéressant de se concevoir comme de telles antennes émettant des ondes sur des fréquences données et pouvant en recevoir également. Ainsi, de la même façon que vous pouvez entrer en contact avec quelqu’un, vous pouvez vous mettre en contact avec la partie joyeuse et lumineuse de vous-même si vous en faites le choix. Cela s’appelle la méditation.

Tout comme pour une conversation téléphonique la première condition à remplir consiste à dégager l’espace de temps nécessaire pour un tel contact. La deuxième condition vous invite à vous détendre le plus possible en utilisant votre respiration et en prenant refuge dans un endroit relativement calme qui favorise le recueillement. S’asseoir en tailleur ou dans un fauteuil avec le dos droit favorise également cette rencontre. La troisième condition, et elle est absolument essentielle, a rapport avec votre intention consciente. Il s’agit de mettre en veilleuse les soucis, les préoccupations, les désirs et les inconforts du moment pour vous rendre disponible à cette conversation avec la lumière. Par la suite, dans cet espace qui se calme peu à peu, vous servant de votre intention comme gouvernail, vous vous mettez simplement en position de dégustation de la lumière, de l’amour et de la joie qui sont déjà en vous puisqu’ils constituent votre nature première.

Il s’agit d’activer volontairement en soi un état de joie et un état amoureux sans attendre que la vie nous les propose spontanément. Au début, il faut faire un effort pour stimuler la lumière en soi. On y parvient peu à peu, avec plus ou moins de succès, dépendant des jours. On est parfois plus disponible et parfois moins. Toutefois, à force d’activer la joie en soi et de tenter de rejoindre le courant lumineux qui parcourt notre existence et la fonde, on se rend compte que l’on voyait les choses à l’envers. C’est plutôt comme s’il y avait un courant permanent de joie lumineuse en soi et qu’il suffit de s’arrêter quelques instants pour être en mesure de boire à même l’eau de la rivière intérieure. On se rend compte alors que la paix est toujours en soi et que l’amour est toujours au rendez-vous. On réalise même qu’il n’y a pas d’effort particulier à faire. Il suffit d’y porter attention et de nager avec délectation dans le courant des eaux intérieures pour employer une autre métaphore.

Une terre en nous reste vierge malgré les heurts de la vie. Pour entrer en contact avec elle, il suffit donc de le vouloir et de se donner l’espace et le temps pour le faire. Une fois que l’on comprend que le courant est continu et permanent, méditer pour goûter à une sensation de paix et à une sensation d’union devient quelque chose de facile et d’agréable. Quand je ferme les yeux, je me dis que je pars en vacances au soleil. Je m’offre quelques minutes de détente et d’ouverture dans une vie trop occupée et affreusement dispersante.

Je vogue ainsi dans cet état de dégustation sans attente particulière et sans chercher de résultat. Chaque jour, je me nourris ainsi de lumière et d’amour. Chaque matin, j’allume pour ainsi dire mon téléphone intérieur et par la magie des ondes, j’entre en contact avec le meilleur de moi-même. Lorsque je retourne à mes activités et que les autres m’appellent, ils trouvent un interlocuteur beaucoup plus joyeux et disponible au bout du fil !

Photo Guy Corneau

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