26/03/2014

La chambre des transformations

En effectuant la tournée de conférences liées à mon livre Revivre !, je me suis rendu compte que plusieurs personnes liaient le succès des démarches énergétiques à une attitude de combat. Ainsi on lutte contre la mort ou pour sa vie. Toutefois, si une telle attitude permet de survivre dans un premier temps, il doit y avoir relâchement réel pour permettre une véritable transformation. Le problème est que le mode « combat » engendre du stress. Ce dernier a pour effet de nous refermer dans une attitude de protection. Il nous met dans une position pour donner et recevoir des coups, ou pour courir à toutes jambes si notre vie est menacée. En vérité, nous sommes faits pour le stress, mais celui qui vient et qui va, pas celui qui dure et qui finit par provoquer détresse et impuissance. Nous sommes faits pour nous fatiguer et nous reposer, pas pour être tendus sans relâche. Cette position engendre à la longue des effondrements prédictibles qui vont obliger le repos attendu et régénérateur.

Sous l’impact du stress, les cellules suivent le mouvement général de la psyché et du corps. Elles se referment sur elles-mêmes pour combattre. Un problème fondamental survient alors : si elles demeurent fermées trop longtemps, elles ne relâchent plus leurs toxines dans le sang, ce qui a pour effet qu’à la longue elles se mettent à dégénérer plus rapidement, engendrant ce que l’on appelle de la maladie sous forme d’inflammation et de malaise. En effet, la loi de la nature et de la santé est la circulation de l’énergie. Lorsque des éléments stagnent en nous, lorsque des attitudes ou des positions durent trop longtemps, il y a douleur pour nous signifier de nous remettre en mouvement, de telle sorte que le sang puisse circuler et que les toxines puissent être évacuées de façon naturelle.

Ainsi, aux prises avec la maladie, tant que l’on reste en mode « combat », luttant pour sa vie ou contre la mort, on nuit pour ainsi dire au mouvement naturel de guérison qui vient du cœur de l’être. En effet, tout circule mieux en soi lorsque nous sommes détendus. Voilà pourquoi nous devons dormir chaque jour. Le sommeil favorise les mécanismes autorégulateurs du corps et de l’esprit. Il en va de même des états de détente profonde, de contemplation ou de méditation. Les états de relâchement qu’ils induisent favorisent les mécanismes naturels de réparation.

En réalité, il s’agit plus que de détente profonde, il s’agit d’un lâcher prise si complet qu’il produit une bascule de l’état intérieur. Celui-ci s’allège jusqu’à provoquer une douce euphorie où il n’y a plus de souci par rapport à soi et à sa survie. On peut imaginer l’intensité d’un tel état qui arrive à désarmer les angoisses par rapport à la mort qui nous habitent d’un bout à l’autre de notre existence. Ces états existent et nous les rencontrons tous et toutes naturellement à des moments privilégiés comme un orgasme sexuel par exemple. On vit alors instantanément un moment d’expansion et de relâchement des tensions qui entraine des mouvements involontaires et du rire. On a lâché le contrôle.

Les états de légèreté authentique, d’insouciance par rapport à soi et d’inscription forte dans le moment présent sont les états qui favorisent le plus des transmutations réelles dans l’organisme tant sur le plan du corps que de l’esprit. C’est ainsi qu’en cours de cancer, j’ai vu ma dépression s’évanouir presque par magie après avoir provoqué l’émergence d’un état euphorique au moyen d’exercice énergétique alliant méditation et visualisation. Ces états sont véritablement « rédempteurs ». Ils nous sauvent des identités lourdes qui nous ont entrainé dans le malheur et la perte de la joie de vivre. Car, au-delà des angoisses, ces états permettent d’entrer en contact avec la simple joie d’exister sans autre but.

Je vous raconte cela pour vous dire qu’essentiellement ces états peuvent être stimulés de façon volontaire, par des visualisations intenses et positives par exemple. Peu à peu la pratique assidue permet de trancher à travers nos résistances pour s’ouvrir de plus en plus à des réalités à la fois subtiles et puissantes. Car la circulation de l’amour et de la joie en soi engendre des changements chimiques jusque dans le sang. Ainsi met-on le pied peu à peu dans la chambre des transformations.

Photo Guy Corneau

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